30e dimanche ordinaire A
Aimer Dieu et aimer son prochain
Jésus n’a qu’un mot à la bouche, mot qu’il mettra en œuvre toute sa vie, « aimer ». Et cela jusqu’à rendre semblable l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l‘amour de soi. Cela ne veut pas dire que ces amours sont interchangeables, que l’on pourrait pratiquer les uns sans les autres. Cela veut dire qu’aimer son prochain comme soi-même, c’est vouloir l’aimer à la manière de Dieu : la nouveauté que Jésus nous révèle, c’est que même le pécheur, l’impur, voire l’ennemi, est un prochain à aimer comme soi-même. L’amour du prochain est semblable à l’amour de Dieu, c’est dire qu’il a la même importance. Certes, cette mission est plus facile à prononcer qu’à réaliser, mais cela nous renvoie une nouvelle fois à la question suivante : qu’est-ce qu’aimer ? Ce mot est malheureusement aujourd’hui mis à toutes les sauces. En fait, aimer quelqu’un, c’est d’abord vouloir qu’il vive, même si sa manière de vivre nous dérange, car il est créé et aimé par Dieu. Déjà, à sa manière, l’auteur du livre de l’Exode soulignait l’importance d’aimer tous les humains, spécialement les plus pauvres. Car il n’y a de véritable amour qu’en acte. Seul un acte d’amour est capable de parler d’amour, donc de parler de Dieu, de tourner notre cœur vers lui et vers nos frères. Et cela vers tous nos frères. Comment nous serait-il possible de conjuguer notre foi en un Dieu qui aime même les pécheurs et en un Dieu qui les condamnerait définitivement ? Quand Jésus aime, il aime les malades, les prostituées, les publicains, il exclut donc que le salut soit réservé à une élite minoritaire, réservé aux seuls chrétiens par exemple. Le commandement d’aimer notre prochain n’est pas compatible avec la pensée que les autres, ceux qui ne sont pas comme nous, par exemple les adeptes d’autres religions, les personnes dont on désapprouve la conduite, ceux-là seraient irrémédiablement condamnés. Une triple tentation nous menace : aimer Dieu sans nous préoccuper de notre prochain provoquant notre vie à n’être que bondieuseries de tous ordres ; aimer l’autre jusqu’à en oublier notre propre existence ; enfin ne penser qu’à nous-mêmes alors que nous faisons l’expérience que la véritable vie se joue dans la relation avec nos frères.
(Prions en Eglise)